Frais bancaire pour les plus démunis : enfin un renversement de tendance ?

 
Dans un contexte d’augmentation des frais bancaires, les clients identifiés comme « fragiles » sont protégés et bénéficient d’une offre spécifique.

Une hausse des « clients fragiles », mais moins de frais bancaires

Dans son dernier rapport annuel, l’Observatoire de l’Inclusion Bancaire (OIB) se réjouit de la chute des frais bancaires pour les profils en situation de fragilité financière : 10% de réduction sur un 1 an et 30% sur 5 ans, pour une moyenne de 222€ par an.
Les frais d’incidents bancaires spécifiquement ont diminué de 17%, soit 118€ par an en moyenne.
Moins de frais bancaires, certes, mais davantage de clients fragiles. Un chiffre qu’il faut correctement interpréter : « cette hausse ne traduit pas une dégradation de la situation des ménages, mais une meilleure efficacité des dispositifs d’identification », indique l’OIB.
L’amélioration de la détection des clients fragiles est permise grâce à des critères concrets établis depuis le 1er novembre 2020.

Ainsi, est systématiquement considéré comme fragile tout client comptant au moins cinq incidents ou irrégularités au cours d’un même mois.
Les clients identifiés comme fragiles peuvent alors souscrire à une offre spécifique apportant plusieurs protections, notamment vis-à-vis des frais bancaires.

Une offre « clientèle fragile » efficace et généralisée

Non-seulement les banques ont l’obligation de détecter les clients « fragiles », mais elles doivent également proposer un compte dédié.

Pour protéger les profils fragiles face à l’accumulation des frais bancaires, l’offre plafonne le montant des commissions d’intervention. Elles sont ainsi de 4€ par opération pour 20€ par mois maximum, contre 8€ par opération et 80€ maximum pour les autres clients.

De plus, dans le cadre de l’offre « clientèle fragile », la banque doit notamment :

  • Fournir une carte de paiement à autorisation systématique,
  • Autoriser 4 virements SEPA (dont 1 permanent) et 2 chèques de banque par mois,
  • Autoriser le dépôt et retraits d’espèces,
  • Donner un moyen de consulter et gérer le compte à distance,
  • Envoyer des alertes relatives au solde du compte.

Les protections apportées par l’offre « clientèle fragile » semblent porter leurs fruits.

D’après le dernier rapport de l’OIB, les frais bancaires ont atteint en moyenne 47€ à l’année, soit une réduction de 18% pour les clients ayant souscrit à cette offre. Certaines banques renforcent même ces dispositions, en exonérant les clients concernés des frais d’incidents bancaires, à l’instar du CIC et du Crédit Mutuel.

Ces protections démontrent d’autant plus leur intérêt que les frais bancaires en général sont en augmentation.

Des clients « fragiles » protégés face à la hausse générale des frais bancaires

Lors de son étude annuelle menée sur 127 banques françaises, l’association Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV) alerte sur l’augmentation globale des frais bancaires, un constat qui avait déjà été pointé par la récente enquête d’UFC choisir. « Le coût moyen de notre panier en métropole […] est en hausse de plus de 2,5% ». Dans le détail, sont principalement concernés les frais de tenue de compte (+2,4%) et les coûts des cartes (+ 1,3%).

Des augmentations qui touchent différemment les consommateurs. L’étude définit trois profils : petit, moyen ou gros consommateur, selon les produits et services bancaires souscrits. Si la hausse se révèle relativement marginale pour le « gros consommateur » (+ 0,27%), elle est en revanche plus sensible pour les « petits » (+ 1,06%).

Pourtant, les banques s’étaient engagées à limiter les frais bancaires fin 2018 : une promesse partiellement respectée pour le Ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui dénonçait début 2020 le refus de certains « établissements individuels » de jouer le jeu. En 2022, les promesses semblent donc balayées.

Dans ce contexte, l’association CLCV note « de véritables écarts de facturation pour un même panier » et enjoint donc les consommateurs à faire jouer la concurrence. Et les grandes gagnantes pourraient être les banques en ligne, qui caracolent en tête des banques les moins chères d’après le baromètre Le Monde / MeilleureBanque.

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