Pouvoir d’achat : quelles aides pour les locataires ?

 

Dans les cinq dernières années, la hausse des loyers s’est établie à 3% en moyenne. En comparaison, le salaire moyen net a progressé de moins d’1% par an, toutes professions confondues. Le pouvoir d’achat des locataires est donc durement attaqué. La situation s’aggrave avec la reprise économique et la guerre en Ukraine. Le gouvernement dévoile donc une série de mesures ciblées.

1. Augmentation de l’APL

En 2017, l’APL avait connu une baisse de 5€, pour une économie mensuelle de 97,5 millions d’euros pour l’Etat. Mais avec l’augmentation des prix et la hausse des loyers, le gouvernement a décidé de revaloriser cette aide.

Dès l’été, l’allocation logement est revalorisée de 4% : cela représente une 108€ en plus à l’année pour une APL de 225€ par mois. Cette augmentation concerne aussi les autres types d’aides au logement, à savoir l’Allocation de Logement Familiale (ALF) et l’Allocation de Logement Sociale (ALS).

L’Aide Personnalisée au Logement (APL) sert à couvrir une partie de votre loyer (si vous êtes locataires) ou du remboursement de votre emprunt immobilier (si vous êtes propriétaire).

D’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Dress), la France comptait environ 3 millions de foyers bénéficiant de l’APL.

Le montant de l’APL est de 225€ par ménage en moyenne, mais le calcul dépend de plusieurs critères : la durée du bail et le nombre d’occupants, les normes de santé, sécurité et de confort, l’évolution du loyer, etc. En moyenne, le montant de l’allocation logement est de 225€.

2. Plafonnement de la hausse des loyers

Le niveau des loyers en France est donné par l’Indice de Référence des Loyers (IRL), calculé par l’INSEE. Cet indice sert surtout aux propriétaires, qui peuvent réviser les loyers de leur(s) propriété(s) en accord avec l’évolution des prix.

En 2006, l’indice était fixé à 112,43 : il s’établit à 133,93 au premier trimestre 2022. Dans les années récentes, la hausse des loyers par trimestre avait été contenue. Ainsi, au cours de l’année 2020, l’augmentation ne dépassait pas 0,66% par trimestre.

Toutefois, au dernier trimestre de l’année 2021, la hausse des loyers atteint 1,61% et monte même à 2,48% au premier trimestre 2022, sous le coup de l’augmentation généralisée des prix.

Afin d’éviter une envolée des loyers, le gouvernement a donc décidé de plafonner la hausse à 3,5% pour l’année 2022 : elle ne pourra donc pas aller au-delà.

Sans cette mesure, les autorités affirment que l’augmentation pourrait atteindre 5,5%. Une protection bienvenue, notamment pour les ménages les plus modestes. Majoritairement locataires, ils consacrent en moyenne 32% de leurs revenus au logement.

Pourquoi limiter la hausse plutôt que la geler, tout simplement ? Le gouvernement dit avoir voulu trouver un équilibre entre les locataires et les propriétaires, eux-mêmes confrontés à la hausse globale des prix.

3. Prime inflation pour les bénéficiaires de l’APL

L’inflation désigne l’augmentation généralisée des prix. Vous pouvez le constater quand vous faites vos courses, payez vos factures d’énergie ou faites le plein pour votre voiture.

En juin 2022, l’inflation s’établissait à 5,8%, soit 0,6% de plus par rapport au mois précédent. D’après l’INSEE, l’augmentation des prix devrait atteindre près de 7% à la rentrée prochaine.

En réaction, le gouvernement a décidé de distribuer une aide alimentaire d’urgence, nommée la « prime inflation ». Cette indemnité, versée en une fois à la rentrée, est exclusivement à destination des ménages modestes. Pour la percevoir, il faut donc être bénéficiaire du RSA, de l’AAH, de l’Aspa ou des APL. A noter qu’il suffit d’une prestation sociale pour être éligible.

Le montant de l’indemnité est de 100€ par foyer éligible et 50€ supplémentaires par enfant. Pour une famille avec 2 enfants et un budget course mensuel de 600€, la prime inflation permet de couvrir exceptionnellement un tiers du montant.

Cette aide exceptionnelle devrait être directement versée sur le compte bancaire en ligne ou traditionnel des bénéficiaires des APL.

La prime inflation s’inscrit dans le cadre de la loi pour le pouvoir d’achat. Un ensemble de mesures ciblées vient ainsi contrecarrer l’augmentation des prix.

Ainsi, en plus de bénéficier des APL si vous êtes locataire, vous pouvez aussi toucher des aides supplémentaires. C’est par exemple le cas si vous utilisez votre véhicule pour vous rendre au travail. Dans ce cas, en fonction de vos revenus, vous pouvez bénéficier d’une « prime carburant » au montant maximum de 300€.

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